Histoire de la communauté par sœur Marguerite-Marie

 

L’enracinement d’une communauté de moniales cisterciennes à Notre-Dame des Gardes

 

Le 7 août 1818, dix moniales, conduites par Dom Augustin de Lestrange, arrivaient à la colline du lieu-dit “Les Gardes”, dans la paroisse de Saint-Georges-du-Puy-de-la-Garde, au diocèse d’Angers. Les Gardes sont situées à 9 km de Chemillé, une petite ville qui se trouve entre Angers et Cholet.

Elles sont accompagnées, depuis le calvaire à l’entrée du bourg, par la population en liesse. Les habitants des Gardes, après la Révolution, ont rebâti leur sanctuaire dédié à Notre-Dame des Gardes, et ont demandé avec insistance un prêtre à l’évêque, Mgr Montault des Iles, puis à Dom Augustin de Lestrange. Ainsi, c’est en réponse à un appel de chrétiens remplis de foi, que cette communauté est née.

Les sœurs sont redevables à la foi de la population locale. Cela peut éclairer l’énigme que pose leur présence dans un lieu qui présente des caractéristiques contraires à un choix cistercien : leur monastère est situé sur une colline, le point culminant de l’Anjou, et au milieu d’un bourg. Ces sœurs viennent de loin ; chaleureusement accueillies, elles trouvent un refuge auprès du sanctuaire. Elles portent le trésor du témoignage extraordinaire de leurs sœurs aînées.

 

À cet héritage s’ajoute la foi du peuple des Mauges, des pèlerins de Notre-Dame des Gardes, et des religieux augustins établis en ce lieu jusqu’à la Révolution. Elles entrent, s’enracinent dans une histoire, histoire qui va se répéter : soixante ans plus tard, en effet, elles connaîtront de nouveau la persécution et la spoliation de la part de l’État, puis la dispersion.

Depuis le XVe siècle, l’histoire des gardiens du lieu est vraiment marquée par des exils successifs. Un mot dit peut-être ce qu’a été la présence des sœurs sur la colline au cœur de cette tempête et à leur retour : ouverture, à l’opposé de l’exclusion. Ouverture aux besoins de la population et de l’Église. Le développement de Notre-Dame des Gardes commence au XIe siècle, et connaît deux autres grandes étapes avant 1818. 

Nous commencerons par situer la région des Mauges et esquisser les grandes lignes l’histoire du peuple d’Anjou et de son évangélisation. En effet, l’histoire de la région est complexe : la localité se trouve liée à plusieurs comtés et à plusieurs diocèses (quatre) au long des siècles. Le nom et la délimitation de la paroisse et de la commune, ont eux-mêmes évolué.

Les quelques évènements ici relatés servent à éclairer les faits et la vie sur la colline et veulent simplement aider à comprendre la région où ces sœurs viennent habiter : l’histoire du lieu et de la foi de ce peuple. Ma démarche est d’accueillir les divers témoignages, pour m’approprier une histoire et mieux aimer le don qui m’est fait de vivre à l’abbaye Notre-Dame des Gardes.

1818 – 2018 : Action de grâce pour 200 ans de présence

 

En 2018, l’abbaye Notre-Dame des Gardes fêtait ses 200 ans de présence sur la colline des Gardes.

Pour célébrer cet évènement, à l’occasion du pèlerinage annuel, le dimanche 9 septembre 2018, les sœurs ont mis leurs pas dans ceux de leurs devancières arrivant aux Gardes 200 ans plus tôt.

Partant du calvaire situé à l’entrée du bourg, la communauté, accompagnée par les nombreux pèlerins du jour, a cheminé en procession jusqu’à la prairie où eut lieu l’eucharistie.

Après ce temps fort de célébration, les festivités se sont poursuivies autour du verre de l’amitié dans la cour du magasin, puis par un grand pique-nique dans les jardins du monastère.

L’après-midi, exceptionnellement, le cloître et les principaux lieux de vie des sœurs étaient ouverts à la visite.

La journée s’est achevée par le chant des Vêpres dans l’église du sanctuaire de Notre-Dame des Gardes en présence d’une assemblée encore fort nombreuse.

Revivez en images les moments forts des célébrations des 200 ans de l’abbaye Notre-Dame des Gardes.

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