Je partirai avant le jour pour la sainte montagne sur la Parole du Seigneur…

Je marcherai en sa présence au pas à pas de sa lumière.

 

Je goûterai dans le désert le silence où résonne chaque Parole du Seigneur…

Je veux offrir à son attente le fruit secret de la confiance.

 

Je puiserai en plein midi mon courage et ma force dans la Parole du Seigneur…

Je garderai l’écoute ardente jusqu’à la source des eaux vives.

 

Quarante jours quarante nuits avant l’aube de Pâques où la Parole s’accomplit :

Déjà s’élève dans l’Église l’action de grâce pour l’Alliance.

 

Hymne du carême texte de la C.F.C.

Ce 25 février, mercredi des cendres, marque l’entrée dans le temps du carême : messe, imposition des cendres, à 7h30.

Nous nous engageons dans une « traversée du désert » de 40 jours, un cœur à cœur avec la Parole qui nous conduira jusqu’au Triduum

Pascal.

Ces trois « jours saints » nous introduiront à la grande veillée et aux joyeuses célébrations de la Résurrection du Christ. Si vous désirez vivre intensément ces jours de grâce avec la communauté inscrivez-vous dès à présent auprès de la sœur hôtelière.

Chronique de Mère Béatrice, Abbesse de la communauté

« Attendre Pâques dans la joie du désir spirituel »

C’est comme sœur cistercienne/trappiste de N.D. des Gardes que je vous rejoins. C’est donc avec ce qui m’habite que je vous écris et, pour cette entrée en carême, j’ai choisi de vous dire quelque chose en m’appuyant sur l’une ou l’autre réalité essentielle de notre vie monastique.

Dans son chapitre 49, St Benoît, dont nous suivons la Règle, commence par une phrase qui pourrait laisser entendre que la vie du moine, de la moniale, est terne, dure, et même triste. Mais quelques phrases plus loin, il nous recommande « d’attendre la sainte Pâque dans la joie du désir spirituel ». Le temps du Carême est donc un temps de joie. C’est même le seul chapitre, dans toute sa Règle, où St Benoît parle de joie. Et là, il en parle deux fois !

 « Attendre Pâques »

Attendre Pâques, ce n’est pas passif ! Ce n’est même pas simplement se préparer à la célébration du jour de Pâques. C’est s’ouvrir au passage constant de Dieu dans nos vies. Encore faut-il avoir les yeux ouverts pour le voir ! Ces yeux intérieurs bien ouverts, j’y reviendrai un autre jour…

Attendre Pâques dans la joie !

Cette mention de la joie à propos du carême est très intéressante. Dans le chapitre 15 de l’évangile de St Jean, Jésus – qui va pourtant bientôt mourir – a révélé à ses disciples le mystère de l’amour qui l’unit à son Père. Et après les avoir invités à demeurer dans cet amour comme il demeure, lui, dans l’amour de son Père, il ajoute : « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaire ». (Jn 15,11).

Notre foi en Dieu – notre foi dans le Père que Jésus nous a révélé – est pour nous, et doit toujours être pour nous une source de joie. Notre foi n’est pas un opium qui nous permettrait de supporter les difficultés de la vie présente. Elle n’est pas non plus une simple attente de biens à venir. Elle est une joie que nous pouvons et devons vivre dès maintenant. Elle est le fruit de la vie, de la mort et de la Résurrection de Jésus, et c’est pourquoi St Benoît nous invite à attendre Pâques dans la joie du désir spirituel.

Désir !

Le temps du carême est un temps pour laisser croître en nous ce désir. Nous savons bien que le désir n’est pas le besoin. Nous avons de nombreux besoins, et la plupart nous les avons en communs avec les créatures du monde végétal et animal. Mais en tant qu’êtres humains nous avons quelque chose qui nous est propre, c’est le « désir ».

Le désir ne nous centre pas sur nous-mêmes comme le « besoin ». Il est ouverture à l’autre, il est attente de quelque chose qu’on ne peut que recevoir comme un don, une grâce. (Comme je désirerais que tu viennes ! Je désirerais tellement être guérie ! Si tu savais comme je désire que tu sois reçu à ton  examen !) Et nous avons au fond de nous ce désir inné d’une participation toujours plus grande à la vie de Dieu, d’une croissance toujours plus grande de la semence de vie divine mise en nous lorsque nous avons été créées à l’image de Dieu.

Je vous souhaite donc d’attendre Pâques dans la joie du désir spirituel !

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