Devenir Moniale

Me voici, Seigneur…

Pour rien qu’une caresse de ta main

Pour rien que la lumière de ton regard

Pour rien qu’un bon sourire de pardon

Pour rien qu’un p’tit baiser d’éternité

j’ai tout quitté et je m’en vais et me voilà

rien qu’un souffle d’espérance

rien qu’un soupir de vrai bonheur

rien qu’un désir de liberté

rien qu’un p’tit baiser d’éternité pour toi

pour tout l’monde entier

frère Christophe LEBRETON (Moine de Tibhirine)

Pourquoi ? Pour qui ?

Les personnes qui engagent le dialogue avec nous sur le sujet de la vocation monastique l’abordent fréquemment sous l’angle du « pourquoi » ? Cette entrée en matière nous déconcerte plutôt car, pour tenter d’éclairer le mystère de notre vocation, nous sommes plus à l’aise de l’aborder par le biais du « pour qui » ?

En effet, si le « pourquoi » et le « comment » de notre vocation demeurent le plus souvent « insaisissables », nous n’avons aucun doute quant à l’identité de Celui qui en est à la fois l’origine et la fin : le Christ.

« Séduites » (Jr 20,7) ou « saisies » (Is 41, 9-10) par le Christ, nous avons perçu – plus ou moins rapidement, plus ou moins facilement – que notre chemin de Vie et de bonheur serait de marcher avec lui sur la voie cistercienne, alors nous nous sommes « levées » et avons « tout quitté » pour répondre à son appel :

Lève-toi, mon amie, ma toute belle, et viens…

Vois, l’hiver s’en est allé, les pluies ont cessé, elles se sont enfuies.

Sur la terre apparaissent les fleurs, le temps des chansons est venu et la voix de la tourterelle s’entend sur notre terre.

Le figuier a formé ses premiers fruits, la vigne fleurie exhale sa bonne odeur.

Lève-toi, mon amie, ma toute belle, et viens…

Cantique des cantiques 2, 10-13

Comment ?

Répondre à l’appel suppose un saut dans la confiance : nous mettre en route avec le Christ et laisser l’Esprit Saint écrire le scénario de l’aventure de notre vie avec Lui.

Considérant l’évolution des différentes formes de vies consacrées et des sociétés dans lesquelles elles prennent corps, l’Église a élaboré de précieux repères pour la formation à la vie de disciple du Christ.

Désormais, trois étapes principales ponctuent les premières années : le postulat, le noviciat, le temps de la profession temporaire.

Devenir disciple

La formation à la vie monastique contemplative est basée sur une rencontre personnelle avec le Seigneur. Elle commence par l’appel de Dieu et la décision de chacune de suivre, selon son propre charisme, les pas du Christ, en tant que disciple, sous l’action de l’Esprit Saint (n° 221).

Graduation

[Cette formation] doit être organisée, graduelle et cohérente dans ses différentes étapes, car elle est appelée à promouvoir le développement de la personne de manière harmonieuse et progressive, en respectant pleinement le caractère unique de chacune (n° 226).

La formation initiale est structurée en trois étapes consécutives : le postulat, le noviciat, et le temps de la profession temporaire (n° 251).

Maturation

En gardant à l’esprit que la personne se construit très lentement, et que la formation doit être attentive à enraciner dans le cœur « les sentiments du Christ envers son Père » et les valeurs humaines, chrétiennes et charismatiques propres, « un laps de temps suffisamment long doit être réservé à la formation initiale » (n° 253).

Discernement

Pendant ce temps « un discernement serein, libre de toute préoccupation de nombre ou d’efficacité » doit être mis en œuvre. De plus, dans chaque monastère, une attention particulière doit être accordée au discernement spirituel et vocationnel, en assurant un accompagnement personnalisé des candidates et en promouvant un parcours de formation adapté, en accordant une attention particulière à ce que la formation soit vraiment intégrale – humaine, chrétienne et charismatique – et touche toutes les dimensions de la personne (n° 254).

Extraits de l’Instruction « Cor Orans » (chapitre V : Formation) pour l’application de la Constitution apostolique « Vultum Dei quærere » sur la vie contemplative féminine, du 15 mai 2018.

Le Postulat

 

« Le postulat est une période d’initiation et d’adaptation progressive à la vie cistercienne. La maîtresse des novices apprend aux postulantes à entrer dans la prière, dans l’Office divin et dans la lectio divina. Elle les aide aussi à surmonter les difficultés qu’elles rencontrent et qui sont propres à cette étape : difficultés liées à la séparation physique et affective des activités et des relations qui faisaient partie de leur vie avant l’entrée au monastère.

Bien qu’il ne soit pas un temps d’études, toutefois le postulat sera le moment, pour certaines, si cela n’a pu être réalisé plus tôt, de compléter leur instruction catéchétique de manière à ce qu’elles bénéficient mieux de l’enseignement donné au noviciat. »

n° 27 Charte de Formation de l’Ordre Cistercien de la Stricte Observance (O.C.S.O. ou Ordre des « Trappistes »)

 

La durée du postulat n’est pas strictement délimitée. Cette flexibilité permet de s’ajuster au rythme d’adaptation de chacune. Cependant, le plus souvent, il s’écoule environ une année entre l’arrivée en communauté et l’admission au noviciat.

Moine qui tend l'oreille
Lectio divina

Le Noviciat

 

L’entrée au noviciat est marquée par la « prise d’habit ». Revêtir l’habit blanc des novices constitue un acte symbolique fort qui manifeste le désir de la personne qui pose ce geste à poursuivre son chemin de discernement et d’expérimentation de vie monastique, en cette communauté et en ce lieu.

De son côté, en lui remettant ce nouvel habit, la communauté s’engage à offrir à la novice tout ce dont elle aura besoin pour vivre cette nouvelle étape qui consiste en « un temps d’intégration personnelle de la vie cistercienne ».

« Par la prière, l’ascèse, le progrès dans la connaissance de soi et la participation à la vie de la communauté, les novices font une expérience personnelle plus profonde de ce qu’implique la vie selon la « conversatio » cistercienne. Elles doivent continuer leur développement humain et spirituel et grandir dans une relation personnelle avec le Christ. » n° 29 Charte de Formation de l’O.C.S.O.

L’étape du noviciat dure habituellement deux ans.

Profession solennelle
Réception du voile "noir"
Réception du voile "noir"

 

La Profession temporaire

 

« Par la profession monastique, la sœur est consacrée à Dieu et agrégée à la communauté qui l’accueille. En même temps, la consécration qu’elle a reçue au baptême et à la confirmation est rénovée et vivifiée. La sœur s’engage à une vraie conversion de vie, en persévérant dans la stabilité et en obéissant joyeusement jusqu’à la mort. » Constitution des Moniales O.C.S.O. n° 8

« Quand les novices prononcent leurs premiers vœux, elles sont encore jeunes dans la vie monastique. … Durant cette période de leur formation, qui continue et complète de façon moins structurée et sur un temps plus long ce qui a été réalisé auparavant, les jeunes professes apprennent à agir davantage d’après des critères intériorisés et entrent dans une participation plus large aux activités et aux responsabilités de la communauté.

Par le programme de leurs études monastiques, les jeunes professes sont conduites, d’une part, à une connaissance plus vive du contenu de la foi et du patrimoine monastique et sont invitées, d’autre part, à une réflexion plus profonde sur leurs propres convictions et valeurs. »

Extraits des n° 36, 39 et 40 Charte de Formation de l’O.C.S.O.

Lors de la célébration privée de la profession, le scapulaire blanc de novice est remplacé par le scapulaire de couleur noire accompagné de la ceinture de cuir caractéristiques de l’habit que portent les membres de l’Ordre cistercien.

Remise-de-la-ceinture
Réception du voile "noir"

La profession solennelle

 

 « À la fin de la période de vœux temporaires, la jeune professe demandera librement à l’abbesse de faire profession solennelle. Celle-ci examinera, avec la responsable des jeunes professes et les professeures le progrès spirituel et humain, c’est-à-dire si elle a une maturité humaine suffisante pour prendre un engagement libre et responsable qui lui permette de vivre sa consécration avec fidélité à travers les multiples difficultés et évolutions qui caractérisent le cheminement spirituel, et si elle accepte la communauté avec son identité propre et est disposée à la servir. Si l’abbesse rencontre chez la jeune professe ces qualités, jointes à un progrès dans la vie d’oraison, elle la présentera au vote de la communauté. » n° 45 Charte de Formation de l’O.C.S.O.

« Par la profession des vœux solennels, la sœur se donne au Christ en esprit de foi et s’engage à vivre pour toujours dans sa communauté selon la Règle de saint Benoît. L’abbesse et les sœurs l’accueillent avec bienveillance dans la communauté, sachant qu’elles s’obligent au devoir de l’aider par leurs prières et leurs exemples à revêtir de plus en plus la ressemblance du Christ. Par la profession solennelle, la sœur est incorporée définitivement dans l’Ordre, avec les droits et les devoirs définis par le droit. » Constitution des Moniales O.C.S.O. n° 56

Profession solennelle
Signature de la cedule
Réception du voile "noir"
Réception du voile "noir"

La prostration durant la « litanie des saints », la signature de la « cédule » sur l’Autel, la remise de la coule et du voile noir, le geste d’accueil par chaque sœur de la communauté, constituent quatre moments particulièrement forts de la célébration d’une profession solennelle.

Mettre le Christ au cœur de notre vie

 

« Ne rien préférer à l’amour du Christ »

« Ne rien préférer à l’amour du Christ » : c’est absolu ! (…) Mais c’est ce que Jésus dit dans l’évangile : « Si quelqu’un veut être mon disciple, qu’il se renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. » (Mt 16, 24) Il appelle ses disciples à des renoncements importants. Renoncer à quelque chose n’a de sens que pour s’engager plus profondément à autre chose. Ceci est vrai humainement ! À combien de choses ne devons-nous pas renoncer dans la vie, pour de meilleures ou, au moins pour d’autres qui nous tiennent plus à cœur, qui nous attirent davantage ? C’est particulièrement vrai pour le disciple de Jésus.

« Une expérience d’amour »

On ne peut aimer sans avoir fait l’expérience de l’amour, sans avoir fait l’expérience d’être aimé. On ne peut aimer le Christ sans avoir fait l’expérience d’être aimé de Lui. On ne peut aimer Dieu sans avoir fait l’expérience d’être aimé par Dieu dans le Christ – amour de Dieu incarné dans un amour humain.

Cette expérience de l’amour du Christ (amour du Christ pour nous et notre amour pour lui) est au cœur de notre vie chrétienne. Il s’agit d’une expérience existentielle, qui va bien au-delà de ce que nous sentons. Cette expérience de foi, qui s’accompagne d’une certitude viscérale, peut en effet se répercuter au niveau de notre sensibilité humaine dans une grande joie de « sentir » la présence de Dieu, la présence du Christ. Elle peut aussi être ressentie vivement dans un sentiment d’absence. Présence en creux !

« Un chemin d’humanisation »

Mettre le Christ au cœur de notre vie chrétienne et monastique consiste, non pas à essayer de devenir des anges, mais à devenir de plus en plus « humains », à l’image du Dieu qui s’est fait homme. Devenir de plus en plus humains comme Dieu lui-même l’a fait : vivre à plein les valeurs de communion, de fraternité et d’amour, non seulement entre nous, mais à l’égard de la société au milieu de laquelle nous vivons, de l’Église dont nous sommes, et de l’ensemble du monde. Essayer de regarder le Monde et l’Église avec les yeux du Christ Jésus, voilà bien encore ce que signifie « mettre le Christ au cœur de notre vie ».

Alors toute la Bible reprend son sens. En la relisant constamment, nous communions au long cheminement de l’humanité vers une humanisation toujours plus grande qui trouve son achèvement dans l’incarnation de Dieu. Et nous prenons constamment conscience qu’il nous faut refaire chaque jour, chacun pour nous-mêmes, ce même cheminement.

Mère Béatrice

Abbesse de la communauté

Pour les jeunes femmes qui se sentent concernées et attirées par la vie cistercienne, la communauté offre la possibilité de l’expérimenter quelques jours dans le cadre d’un séjour découverte.  

Notre journée

3h55

 

  Lever

 

 

 

 

 

4h15

Office de Vigiles

Les veilleurs peuvent-ils dormir

Quand leurs cœurs brûlent du désir

D’annoncer à leurs frères

La venue de l’Astre du matin ? (Hymne)

Office de Vigiles

« Au milieu de la nuit, je me lève et te rends grâce pour tes justes décisions » (Ps 118, 62)

5h00

Lectio

Selon la tradition de l’Ordre les heures qui précèdent le lever du soleil sont consacrées à Dieu de façon très appropriée par la célébration des Vigiles, par la prière et la méditation, dans la sobre attente du retour du Christ. Constitutions des Moniales O.C.S.O. n°23

Dans la nuit Lectio au scriptorium
Lectio de nuit
Lectio de nuit

Je vais me tenir à mon poste de garde, rester debout sur mon rempart, guetter ce que Dieu me dira. Habaquq 2,1

Le petit-déjeuner est pris individuellement, au réfectoire, entre 5h00 et 7h00.

7h00

Office de Laudes

Du lever au coucher du soleil loué soit le nom du Seigneur… Ps 112,3

                 Que notre amour et sa louange soient les deux ailes du matin… (Hymne)

Soleil levant

A l’Œuvre de Dieu, que rien ne soit préféré. C’est pourquoi la liturgie des Heures est célébrée par la communauté qui accomplit en union avec l’Église la fonction sacerdotale du Christ, offrant à Dieu le sacrifice de louange et intercédant pour le salut du monde entier.

La liturgie des Heures est une école de prière continuelle et un élément très important de la voie monastique.

Constitutions des Moniales O.C.S.O. n°29

7h30

Messe

Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit et, le donnant aux disciples, il dit : « Prenez, mangez : ceci est mon corps. Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, en disant : « Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude en rémission des péchés.

Évangile selon St Matthieu 26,26-28

Eucharistie

8h00

Rencontre communautaire au Chapitre

Chaque matin la communauté se rassemble dans la salle dite du « chapitre ». La rencontre débute par la lecture d’un extrait de la Règle de saint Benoît, suivie, selon les jours, d’un enseignement de l’Abbesse, d’un échange communautaire, d’une répétition de chants, d’un partage d’informations …

« Nous voulons que cette Règle soit lue souvent en communauté afin qu’aucun frère ne s’excuse sous prétexte d’ignorance »

Règle de St Benoît 66,8

Au chapitre lecture de la Règle

L’office de Tierce est chanté sur place, au chapitre, au terme de la rencontre.

9h00

L’oisiveté est ennemie de l’âme.

Règle de St Benoît 48,1

Atelier des chapelets
Au magasin

12h15

Début de l'office

Office de Sexte

Nous ferons comme l’a dit le Prophète :

« Sept fois le jour j’ai chanté tes louanges. »

Règle de St Benoît 16, 1

12h30

Déjeuner

Repas commun
Lecture au réfectoire

La lecture ne doit jamais manquer à la table des frères/des sœurs.

Règle de St Benoît 38,1

Il suffit, nous semble-t-il, pour le repas quotidien (…) à toutes les tables, de deux mets cuits, à cause des infirmités diverses. Ainsi celui qui ne pourra s’accommoder d’un mets pourra manger l’autre. Deux mets cuits devront donc suffire à tous les frères/les soeurs. De plus, s’il se trouve des fruits ou des légumes frais, on ajoutera un troisième plat.

Règle de St Benoît 39,1-3

13h00

Services réfectoire/vaisselle – Sieste – Détente …

Les frères/les sœurs, se serviront mutuellement.

Règle de St Benoît 35,1

Vaisselle ensemble
Ménage du réfectoire
Puzzle

14h15

Office de None

Les offices de Tierce, Sexte et None se célébreront de la même manière, c’est-à-dire : le verset « Dieu, viens à mon aide » (Ps 69, 2), l’hymne de ces Heures, trois psaumes, une leçon, le verset, Kyrie eleison, puis le renvoi.

Règle de St Benoît 17,5

Office de None

Coules monastiques

14h30

Travail

Les frères/les sœurs doivent consacrer certaines heures au travail des mains et d’autres à la lecture des choses divines.

Règle de St Benoît 48,1

Cueillette du tilleul
Préparation du repas
Préparation de la confiture de Poires

17h00

Lectio

Par le continuel souvenir de Dieu, les sœurs prolongent l’Œuvre de Dieu tout au long du jour. Aussi l’abbesse doit-elle veiller à ce que chacune ait amplement le loisir de vaquer à la lectio et à la prière.

Constitutions de moniales O.C.S.O. n°20

Recueillez l’Esprit du dedans des mots.

Guerric d’Igny, Sermon sur la psalmodie

Sous la Parole du Seigneur
Au scriptorium

18h00

Office de Vêpres

Le jour s’achève,
Mais la gloire du Christ
Illumine le soir.
Le pain rompu,
Le vin nouveau
Portent leur fruit de louange :
Béni sois-tu, ô notre Père,
En Jésus, le Vivant ! (Hymne)

Lumière du soir dans l'église

18h30

Oraison

Quand tu viens devant Dieu par la prière, sois dans ta pensée… comme un enfant qui balbutie.

Isaac le Syrien

Oraison
Soeur en prière

18h40

Diner

Une livre de pain, à bon poids, sera suffisante pour la journée, soit qu’il n’y ait qu’un repas, soit qu’il y ait dîner et souper. Si l’on doit souper, le cellérier réservera un tiers de cette livre de pain pour la servir alors. S’il arrive que les frères ont travaillé plus qu’à l’ordinaire, l’abbé pourra, s’il le juge opportun, ajouter encore quelque chose, pourvu qu’on évite tout excès et que jamais un moine ne soit surpris par l’indigestion.

Règle de St Benoît 39,4-7

Service du pain

19h00

Services divers

Lecture

Oraison …

Lecture
Après la vaisselle

19h40

Office de Complies

Seigneur, au seuil de cette nuit,

Nous venons te rendre l’esprit

Et la confiance.

Bientôt nous ne pourrons plus rien,

Nous les mettons entre tes mains,

Afin qu’en toi nos vies, demain,

Prennent naissance. (Hymne)

20h00

Coucher

« En paix je me couche, aussitôt je m’endors : Toi seul, Seigneur,

tu m’établis en sûreté. »  Ps 4,9

Travail

L’oisiveté est ennemie de l’âme. Les frères doivent donc consacrer certaines heures au travail des mains et d’autres à la lecture des choses divines.

Règle de Saint Benoît, chapitre 48,1

 

C’est alors qu’ils seront vraiment moines, lorsqu’ils vivront du travail de leurs mains, à l’exemple de nos pères et des Apôtres.

Règle de Saint Benoît, chapitre 48,8

Les communautés monastiques s’affrontent aux problèmes économiques qui sont ceux de tout le monde. Le travail s’impose, si l’on veut vivre, et non pas toujours dans les circonstances qu’on aurait choisies. Un vrai travail qui assure le gagne-pain est une condition de la pauvreté. Saint Benoît a explicitement écarté la mendicité pour ses moines car il veut qu’ils imitent l’exemple des anciens moines et des Apôtres qui travaillaient de leurs mains pour assurer leur subsistance…

Le travail n’offre pas seulement une part de contrainte… Il se change en sacrifice de louange, il apporte sa part à la prière ininterrompue qui tisse la journée du moine…

En absorbant une part du dynamisme du moine et en le canalisant vers un service utile à la fraternité, le travail manuel rend l’homme intérieur plus libre pour l’œuvre qui est proprement la sienne.

Dom André LOUF, la Voie cistercienne

En fidélité à la Règle de St Benoît et à la tradition cistercienne, notre communauté de Notre-Dame des Gardes vit du fruit du travail de ses membres.

 

Le travail s’organise autour :

 

Chacune, selon ses aptitudes, prend généreusement part à ces multiples activités qui servent et construisent notre vie commune.

 

Desservice

Prière

Par le continuel souvenir de Dieu, les sœurs prolongent l’Œuvre de Dieu tout au long du jour

 

Constitution 20

Dans le dynamisme de la contemplation, vous êtes la voix de l’Église qui, sans trêve, loue, remercie, gémit et supplie pour toute l’humanité et, par votre prière, vous êtes collaboratrices de Dieu lui-même et vous relevez les membres défaillants de son corps ineffable.

Pape François, Constitution apostolique sur la vie contemplative féminine

La Lectio

Par leur lectio divina, à laquelle ils se livrent fidèlement à des moments déterminés, moines et moniales sont davantage éveillés dans la foi à la réalité de la présence de Dieu en eux et autour d’eux. La lectio est ainsi source de prière continuelle et de contemplation.

A travers elle, celui qui lit reçoit la grâce d’incarner cette parole dans sa vie qui s’en trouve ainsi toute transformée. En tant qu’ascèse de l’intelligence, la lectio ouvre aussi le cœur à une écoute constante de Dieu.

Charte de formation 8

Quand vous parcourez le jardin des Écritures, scrutez chaque détail et, comme des abeilles appliquées à recueillir le miel du dedans des fleurs, vous de même, recueillez l’Esprit du dedans des mots.

Guerric d’Igny, Sermon sur la psalmodie 2,3

Ta parole se dérange pour venir me chercher

la parole seule peut rejoindre ma solitude

elle vient jusqu’au seuil du secret et se tient là.

 

Bienheureux frère Christophe Lebreton,

Ta Parole, dans Aime jusqu’au bout du feu

L’Office Divin

Que rien ne soit préféré à l’Œuvre de Dieu

Règle de St Benoît 43,3

 

Je vous exhorte, mes frères très aimés, à toujours participer à la louange de Dieu avec entière pureté et plein engagement. Avec plein engagement dis-je, de manière à vous tenir en présence du Seigneur avec respect tout autant qu’avec élan…

Chantez fermement, de voix comme de cœur ainsi qu’il convient, les mots de l’Esprit Saint.

Chantez aussi avec pureté : durant la psalmodie, ne pensez à rien d’autre qu’à ce que vous psalmodiez…

St Bernard Sermon sur le Cantique 47,8

 

 

La célébration de l’Office divin, où la Parole de Dieu est accueillie en communauté, est un moyen qui conduit à une constante attention à Dieu ; elle devient par là école de prière continuelle.

Charte de formation 9

L’Oraison

L’oratoire sera ce que signifie son nom … Si un moine veut faire discrètement oraison, qu’il entre simplement et qu’il prie.

Règle de st Benoît chapitre 52,1 et 4

L’Eucharistie

L’eucharistie est la source et le sommet de toute vie chrétienne et de la communion des sœurs dans le Christ. Aussi est-elle célébrée chaque jour par toute la communauté. En effet, par la participation au mystère pascal du Seigneur, les sœurs sont unies plus étroitement entre elles et avec l’Église entière.

Constitution 18

Silence

Silence

Dans notre vie,

le silence est plus que l’absence de bruit,

il est chemin d’intériorité.

Dans l’Ordre cistercien, le silence est une des principales valeurs de la vie monastique.

Il assure la solitude de la moniale dans la communauté.

Il favorise le souvenir de Dieu et la communion fraternelle ;

il ouvre aux inspirations de l’Esprit-Saint,

entraîne à la vigilance du cœur et à la prière solitaire devant Dieu.

C’est pourquoi en tout temps, mais surtout aux heures de la nuit,

les sœurs s’appliquent au silence, gardien de la parole en même temps que des pensées.   

Constitution ocso 24

 

Dans notre monde rempli de bruits et de sollicitations diverses, nous devons « retrouver la valeur de l’intimité et du silence » parce que c’est là que le Seigneur nous rencontre et nous parle.

Et rien ne sert de combler ce silence par des paroles inutiles. 

Pape François, catéchèse du 1er juin 2016

Vivre à Dieu seul                                   

Et se tenir en sa présence,                 

Tout quitter pour atteindre la paix,         

Choisir d’habiter le silence                

Pour saisir la Parole,           

Pour être ce disciple aux aguets,                   

D’un mot, d’un ordre…     

Hymne pour les offices de la fête de Saint Benoît

Simplicité

À l’exemple des Pères de Cîteaux qui recherchaient une relation simple avec le Dieu Simple, la façon de vivre des sœurs est simple et frugale.

 

Que tout dans la maison de Dieu soit en harmonie avec ce genre de vie où le superflu n’a aucune part.

 

 

Constitution 27

Dans la vie de saint Bernard, on écrit qu’il fut sage, c’est-à-dire : « le sage est celui pour qui les choses ont le goût de ce qu’elles sont en réalité ». Et ce principe entraîne le rejet du superflu.

L’Évangile est l’art d’aller directement à la vérité des choses au milieu d’un monde compliqué et dupliqué. Il faut « SIMPLIQUER » !

Bienheureux frère Christian de Chergé, Dieu pour tout jour, p.348

Simplicité de l’architecture cistercienne

La simplicité est reconnue comme particulièrement caractéristique de l’architecture romane cistercienne. Comme me disait un jour quelqu’un : « C’est beau parce que c’est simple. » Cette simplicité révèle l’état d’âme et d’esprit de ceux qui l’ont inventée ou qui l’inventent encore aujourd’hui, mais elle a, par la suite, une influence formatrice sur ceux qui y vivent.

Simplicité et vie spirituelle

Comme je viens de le dire, cette simplicité dans l’architecture n’est que l’expression extérieure d’une réalité, d’une disposition, d’une orientation que les moines cisterciens vivaient de l’intérieur. Une orientation spirituelle qui nous anime toujours aujourd’hui.

Qu’est-ce cette simplicité intérieure ? Elle a quelque chose à voir avec l’unité, l’unification. Elle est déjà présente dans le simple nom de moine. (Ce que je dis du moine est aussi vrai bien sûr des moniales que nous sommes !). Le sens du mot moine, c’est « seul ». Le moine est l’homme d’une seule finalité, Dieu. La simplicité intérieure consiste donc dans cette orientation du cœur vers sa fin, qui est Dieu. J’aime à souligner qu’on est encore dans une question d’amour !

Simplicité et complexité

Il est intéressant de remarquer que ce qui est opposé à la simplicité, dans notre vie spirituelle comme dans notre vie extérieure, ce n’est pas la complexité, mais bien la « complication ». L’univers, tel qu’il a été créé par Dieu, est d’une complexité extraordinaire, mais en même temps d’une grande simplicité. Une architecture cistercienne est complexe mais dans la vérité des choses, dans la fonctionnalité, et elle dégage finalement une impression de profonde simplicité car tout y est ordonné à sa finalité. Ce qui est opposé à la simplicité donc, ce n’est pas la complexité, mais la complication. Et ceci, c’est vrai pour tout le monde, quel que soit notre genre de vie. Et la complication, c’est nous qui la faisons. Elle est le résultat d’un manque de direction et d’un manque d’unité.

Finalité de la simplicité

Je viens de dire que l’architecture cistercienne dégage une impression de grande simplicité parce que tout y est ordonné à sa finalité. Je pointe ici le mot « ordonné ». Pour ceux parmi vous qui sont sensibles à la spiritualité ignatienne, j’ai envie de vous inviter à faire résonner ensemble l’invitation à « ordonner » sa vie et la simplicité cistercienne.

Extrait d’une « chronique de Carême » donnée par Mère Béatrice sur RCF Anjou le 14 mars 2012

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