Aube nouvelle

Joie sur terre, l’aube va paraître, Joie sur terre, Dieu vient nous sauver !

Dieu Lumière, donne ta Parole, qu’elle éclaire nos chemins vers toi.

Donne à tes fils Jésus, Soleil de notre terre, notre unique Joie !

 

Claude Rozier – Chant de l’Avent

A force de colombe,
à force de tendresse,
Parole offerte et pain rompu,
Bouquets de fleurs et mains tendues,
Nous briserons tout ce qui tue.
A force de colombe,
à force de tendresse,
Nous changerons les lieux déserts
En terre à blé, en arbres verts,
Les cœurs de pierre
en cœurs de chair.
A force de colombe,
à force de tendresse,
Viendront le rire et l´allégresse
Et s´enfuiront les jours de l´ombre,
Les jours de l´ombre.

Colombe

A force de colombe,
à force de patience,
tenant nos lampes dans la nuit,
nous détruirons ce qui détruit
nous brûlerons tous les fusils.
A force de colombe,
à force de patience,
égalité, fraternité
arracheront les barbelés,
libéreront la liberté.
A force de colombe,
à force de patience,
nous ferons peur à la violence,
nous ferons taire le mensonge,
taire le mensonge.

Soeur en prière

A force de colombe,
à force de prière,
Peuple d’un Roi traité de fou,
Agneau muet parmi les loups,
la Croix nous maintiendra debout,
A force de colombe,
à force de prière,
les yeux levés vers le matin,
le cœur tourné vers le prochain,
nous trouverons le bon chemin ;
A force de colombe,
à force de prière,
nous sèmerons la joie sur terre,
nous danserons hors de nos tombes,
hors de nos tombes.

Texte de Didier RIMAUD

Lumière dans la nuit

Alors l’ange leur dit : ” Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. ” (Lc2,10-11)

Ange claironnant
Crêche

D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? (Lc1,43)

Voici que Jésus déjà  rend visite à l’une d’entre nous, à Élisabeth. Marie est enceinte de Jésus, et Élisabeth est enceinte de son prophète ;  lorsque ces deux êtres se rencontrent, un évènement se produit qui répercute à la surface la présence mystérieuse du Sauveur : un tressaillement dans le sein, une allégresse dans le cœur, un mouvement de l’Esprit-Saint qui remplit ces deux femmes, deux magnifiques cris de joie qui éclatent, la bénédiction d’Élisabeth et le Magnificat de la Vierge.

De la même façon, Jésus est-il à la fois présent au cœur de l’Église et en chaque croyant, et doit-il encore nous revenir. Il nous a assurés  qu’il serait avec nous, invisible, jusqu’à la fin des temps, de même qu’il nous a promis de revenir, lorsque le ciel et la terre passeront. L’Église porte le Seigneur en elle, mystérieusement, comme Marie l’a porté durant les neuf mois de sa maternelle attente. Elle le porte dans la Parole de Dieu qui lui est confiée ; dans les sacrements qui sont comme la matrice d’où naissent ses enfants et les seins où ceux-ci sont nourris. Elle porte Jésus en chacun de nous, et nous le portons en elle. Un Jésus encore caché, invisible, et cependant réellement présent qui se développe en nous. Un Jésus qui doit prendre toute la mesure de notre être, jeter des racines dans notre cœur, jusqu’à resplendir un jour sur notre visage.

De temps à autre, comme il en fut entre Marie et Élisabeth, une rencontre a lieu et l’évènement se produit. Fortuit ou longuement attendu. Insinuant ou bouleversant. Le temps d’un flash ou déjà la durée de l’éternité. Perpétuel Avent dont l’attente ne cesse jamais aujourd’hui, et où la joie de sa présence explose toujours plus intensément.

Lorsque Jésus, à travers l’Église, à travers Marie, nous visite aujourd’hui et qu’il se répercute en nous, c’est encore lui qui tressaille dans notre cœur où déjà il était caché. Tressaillement d’allégresse au plus intime de nous-mêmes dérobé aux yeux des autres, mais qui nous nous apprend que Jésus est en nous de toute évidence, et que nous ne respirons plus qu’en Lui et en son Esprit-Saint.

André Louf – Seul l’amour suffirait, Commentaires d’Évangile pour l’année C. Éditions DDB 1982

Crèche

“Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.

 

Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis ; et tout être vivant verra le salut de Dieu.”

Évangile selon Saint Luc 3,4-6

Désert

 PRÉPAREZ VOTRE CŒUR

La parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, fils de Zacharie, et il parcourait toute la région du Jourdain. Ce sont évidemment ces lieux proches du Jourdain que Jean devait parcourir: ainsi celui qui voulait faire pénitence pourrait facilement être plongé dans l’eau. Le nom de “Jourdain” signifie: “celui qui descend.” Le fleuve de Dieu “qui descend” avec la puissance d’un flot abondant, c’est le Sauveur, notre Seigneur, en qui nous sommes baptisés dans l’eau véritable, dans l’eau du salut. (…)

La citation de l’Ancien Testament, qui est alléguée ensuite, se lit chez le prophète Isaïe: Voix de celui qui crie dans le désert: Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Quel chemin allons-nous préparer pour le Seigneur? Un chemin matériel? Mais la Parole de Dieu suit-elle un pareil chemin? Ou faut-il préparer au Seigneur une route intérieure, et ménager dans notre cœur des sentiers droits et unis? Tel est le chemin par lequel est entré le Verbe de Dieu qui s’installe dans le cœur humain, capable de l’accueillir. (…)

Le chemin que nous avons parcouru, nous le conservons dessiné et inscrit dans notre mémoire; la mer où nous avons navigué, nous la contenons dans notre pensée silencieuse. (…)

Il n’est pas petit le cœur qui peut embrasser tant de choses! Et s’il n’est pas petit pour embrasser tant de choses, on peut bien y préparer le chemin du Seigneur et rendre droit son sentier, pour que puisse y marcher celui qui est la Parole et la Sagesse.

Préparez le chemin du Seigneur par une conduite honorable, par des œuvres excellentes; aplanissez le sentier afin que le Verbe de Dieu marche en vous sans rencontrer d’obstacle et vous donne la connaissance de ses mystères et de son avènement, lui à qui appartiennent la gloire et la puissance pour les siècles des siècles. Amen

Origène, Homélies sur saint Luc. 21. Sources Chrétiennes 87, 292-299

« Nous attendons le Sauveur » (Tt 2,13).

Cette attente fait vraiment la joie des justes, de ceux qui vivent dans la bienheureuse espérance de l’avènement de la gloire de notre grand Dieu, notre Sauveur Jésus-Christ…

Guerric d’Igny, Premier sermon pour l’avènement de Notre Seigneur

Soeur en prière

 Si nous célébrons avec empressement la venue du Seigneur nous ne faisons que ce que nous devons, car non-seulement il est venu vers nous, mais il est venu pour nous, lui qui n’a pas besoin de nos biens. La grandeur de la grâce qu’il nous fait montre assez quelle est notre indigence car, si on juge de la gravité d’une maladie par ce qu’il en coûte pour la guérir, on reconnaît le nombre des maladies à guérir par le nombre même des remèdes auxquels il a fallu recourir. Pourquoi y aurait-il diversité de grâces s’il n’y avait pas diversité de besoins ? Il est difficile de passer en revue dans un seul discours toutes les misères dont nous sommes atteints, mais il s’en présente à mon esprit trois qui nous sont communes à tous et que l’on peut en quelque sorte regarder comme nos principales misères. Il n’y a personne parmi nous qui ne semble quelquefois avoir besoin de conseil, d’aide et d’assistance, car ce triple besoin est général au genre humain tout entier, et tous tant que nous sommes, qui vivons à l’ombre de la mort, dans un corps faible et dans le séjour de la tentation, si nous voulons y réfléchir sérieusement, nous verrons que nous sommes misérablement atteints de ce triple mal. En effet nous sommes faibles à la séduction, mous dans l’action, et sans force pour la résistance. Si nous voulons discerner entre le bien et le mal, nous nous trompons. Si nous tentons de faire le bien, nous défaillons, et si nous entreprenons de résister au mal nous sommes renversés et vaincus. Voilà ce qui rendait la venue du Seigneur nécessaire, et ce qui faisait de sa présence un besoin pour les hommes, dans l’état où ils se trouvaient.

 Dieu veuille que, par l’abondance de sa grâce, non seulement qu’il vienne, mais qu’il habite en nous par la foi, pour dissiper nos ténèbres par l’éclat de sa lumière ; qu’il demeure en nous pour aider notre faiblesse et qu’il résiste pour nous afin de couvrir et de protéger notre fragilité. En effet, s’il est en nous, qui est-ce qui pourra nous induire en erreur ? S’il est avec nous, de quoi ne serons-nous point capables en celui qui nous fortifie ? Enfin s’il est pour nous qui sera contre nous ? C’est un conseiller fidèle qui ne peut ni nous tromper ni se tromper, c’est une aide puissante qui ne connait point la fatigue, un protecteur efficace qui peut mettre Satan lui-même sous nos pieds et briser sa puissance, car il n’est rien moins que la sagesse même de Dieu qui peut quand elle veut, instruire les ignorants. Il est la vertu de Dieu, qui soutient sans peine ceux qui faiblissent et les tire du danger. Aussi, mes frères, toutes les fois que nous avons besoin d’un conseil, recourrons à ce maître, dans toutes nos actions invoquons ce puissant auxiliaire et, dans tous les assauts que nous avons à soutenir, remettons le salut de nos âmes entre les mains de ce sûr défenseur. Il n’est venu dans le monde que pour s’y trouver dans les hommes, avec les hommes et pour les hommes, afin de dissiper nos ténèbres, alléger nos fatigues et écarter les dangers qui nous menacent.

Bernard de Clairvaux, Septième sermon pour l’Avent

Veille dans la nuit

« Veilleur, où en est la nuit ? Veilleur, où donc en est la nuit ? »

Le veilleur répond : « Le matin vient, et puis encore la nuit… Si vous voulez des nouvelles, interrogez, revenez. » Isaïe 21,11-12